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Rencontre avec un jeune acteur prometteur du cinéma français

Par Maxime
5 minutes

Itinéraire d’une nouvelle étoile : immersion dans l’univers de Thomas Leroy


Dans le foisonnement du cinéma français actuel, de nouveaux visages cherchent à s'imposer parmi les géants du grand écran. C’est le cas de Thomas Leroy, jeune comédien de 24 ans dont la maturité de jeu et la détermination impressionnent. Découverte d’un talent en pleine éclosion, entre doutes, rêves et travail acharné.


Un appel de vocation : premiers pas et révélations


Originaire de Clermont-Ferrand, Thomas a grandi dans une famille éloignée du milieu artistique. « J’étais plutôt timide, mais j’adorais raconter des histoires à mes amis. Au collège, la prof de français nous a fait jouer une scène de Molière, et là j’ai compris que j’aimais être un autre à travers les mots », confie-t-il. Ce premier déclic lui ouvre l’univers du théâtre local, puis des petits rôles dans des courts-métrages d’étudiants.


  • Formation hors des sentiers battus : Après un bac général, Thomas s’installe à Lyon pour intégrer un conservatoire régional, avant de poursuivre au sein d’un cursus cinéma à Paris. « J'ai multiplié les stages, les castings, les lectures publiques. J’ai appris la technique, mais aussi comment apprivoiser le trac, ou prendre des échecs comme moteur. »
  • Premières expériences à l’écran : À dix-neuf ans, il rencontre une réalisatrice lors d’un festival, qui lui propose de jouer dans un moyen-métrage remarqué au Festival Premiers Plans. « Ce fut ma vraie école. Peu de budget, beaucoup d’entraide, et la nécessité d’improviser face à l’imprévu. »

La diversité de ses premiers rôles, allant du drame social à la comédie solaire, aiguise une palette d’interprétation déjà saluée par nombre de professionnels.


Entre doutes et convictions : un équilibre à trouver


La réalité du métier n’a rien d’un conte de fées, reconnaît Thomas. « Je savais que percer dans le cinéma exige patience et endurance. On enchaîne souvent les essais sans retour, les contrats précaires, les petits boulots à côté. Mais chaque projet, même modeste, m'a appris quelque chose sur moi et sur la manière de raconter des émotions. »


  • L’importance du réseau : « J’ai beaucoup progressé grâce aux autres jeunes acteurs, aux techniciens, aux metteurs en scène bienveillants. C’est un métier où l’humilité est essentielle, personne ne réussit seul. »
  • Gestion du doute : « Il y a des soirs où on se demande si tout ça a du sens. Mais voir le public ému, discuter avec un réalisateur sur la lecture d’un personnage, c’est la meilleure des récompenses. »

Plutôt que de cultiver l’image d’un « jeune prodige », Thomas insiste sur la nécessité de rester concentré, d’accepter les phases moins glorieuses et de continuer à apprendre au contact des aînés.


Regards croisés : paroles de professionnels


Stéphanie Blanc, réalisatrice :

« J’ai choisi Thomas pour la sincérité de son jeu. Il sait aller chercher des nuances, même dans un petit rôle. Et il n’a pas peur de travailler, de répéter, d’explorer différentes propositions. »


Camille, partenaire de scène :

« Sur un tournage, Thomas est à l’écoute de tous. Il apporte une énergie rassurante, sans chercher à tirer la couverture à lui. Cette générosité se ressent à l’écran. »


Marc Dubreuil, agent artistique :

« Les jeunes acteurs talentueux sont nombreux, mais Thomas se distingue par son sérieux, sa régularité, et sa façon d’incarner chaque proposition avec authenticité. »


De nouveaux horizons : choix de carrière et défis de génération


Loin du cliché de la star fulgurante, Thomas choisit la construction lente. Après plusieurs courts et un rôle remarqué dans une série sur la chaîne Arte, il s’apprête à rejoindre le casting d’un film indépendant abordant la thématique du vivre-ensemble.


  • Refus du « formatage » : « Je veux rester libre de mes choix. Je préfère un petit projet audacieux plutôt qu’un rôle stéréotypé dans une grosse production qui ne me ressemble pas. »
  • Sensibilité aux sujets actuels : « Ma génération veut raconter autre chose. J’essaie de choisir des scénarios qui parlent de notre époque, de la diversité, de l’engagement, sans forcément être militants. Je crois que le cinéma doit ouvrir à la nuance, pas juste délivrer des messages. »

Pragmatique, il rappelle cependant que la précarité reste une réalité pour les jeunes artistes : « Il faut composer avec l’incertitude, mais aussi croire en la capacité du public à soutenir des films différents. »


Clés pour avancer : conseils de Thomas aux jeunes comédiens


  1. Se former sans cesse : « Théâtre, improvisation, stages caméra… Tout compte. Je continue à prendre des cours dès que possible, même après les premiers succès. »
  2. Être curieux : « Aller voir des films de tous genres, lire, voyager, s’intéresser aux autres forme la richesse d’un acteur. »
  3. Accepter l’échec : « Les refus font partie du parcours. Il ne faut pas en faire une affaire personnelle, mais s’en servir pour progresser. »
  4. Travailler l’écoute : « Sur scène comme à l’écran, rien n’est plus précieux que l’attention à ses partenaires et à l’équipe. »
  5. Faire confiance au long terme : « Les parcours les plus solides se construisent sur la durée. Il ne faut pas viser la célébrité immédiate, mais la rencontre avec un public. »

Tendances du jeune cinéma français : nouvelles voies, nouveaux visages


  • Hybridation des formats : Les jeunes comédiens naviguent entre cinéma, séries, plateformes, théâtre et web. Une polyvalence essentielle pour démarrer et rester visible.
  • Montée des sujets sociétaux : Beaucoup de projets abordent l’écologie, la diversité, le genre ou la précarité, attirant de nouveaux auteurs et acteurs motivés par le désir d’ancrer leur art dans le réel.
  • Réseaux d’entraide : Les collectifs d’acteurs, compagnies montantes et « labos » de création foisonnent. L’entraide supplante parfois la compétition, favorisant l’émergence de talents inattendus.
  • Internationalisation progressive : Les jeunes comédiens francophones tentent leur chance sur les productions étrangères ou coproductions, boostés par une demande de nouveaux visages.

Éclairage : la parole à Thomas


« Je mesure la chance de pouvoir commencer ce parcours en France, où la création est encore soutenue et où la diversité des voix s’exprime. Mais je sais aussi que rien n’est jamais acquis : chaque projet est une nouvelle aventure, avec son lot de remises en question. L’essentiel, c’est de garder la passion intacte, de refuser la routine, et de continuer à croire au pouvoir du récit collectif. »


L’avenir s’invente : encourager et accompagner la relève


À travers le parcours de Thomas mais aussi de beaucoup d’autres jeunes acteurs, c’est l’ensemble d’un secteur qui se réinvente. Accompagner la relève, c’est aller voir des premiers films en salles ou en festival, soutenir la diversité des castings, suivre les initiatives des écoles et des compagnies émergentes. C’est aussi, pour chaque spectateur, le plaisir de découvrir un visage qui nous touche, et dont l’engagement nourrit un cinéma vivant et ouvert sur son temps.


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