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Comment la culture s’investit dans l’écologie en France en 2024

Par Maxime
6 minutes

L’alliance entre culture et écologie, moteur de conscience en 2024


L’écologie n’est plus seulement une cause portée par des scientifiques ou des activistes : dans la France de 2024, elle irrigue chaque secteur, y compris celui de la culture. De plus en plus, artistes, institutions, salles de spectacles, musées, éditeurs et organisateurs d’événements se mobilisent pour intégrer la préoccupation environnementale à leurs pratiques quotidiennes comme à leurs créations. Ce mouvement de fond, parfois discret, parfois spectaculaire, questionne le rôle de la culture comme laboratoire d’idées et de pratiques responsables.


De la prise de conscience à l’action : une mutation accélérée


Depuis quelques années, le monde artistique français a pris la mesure de son empreinte écologique. Qu’il s’agisse de l’impact environnemental des déplacements liés aux tournées, de la production d’expositions, des matériaux utilisés pour éditer des livres ou de l’organisation de festivals de musique, la nécessité d’agir se fait pressante. En 2024, la plupart des grandes institutions, mais aussi une multitude de structures plus modestes, affichent des engagements concrets : bilans carbone, actions pour la sobriété énergétique, recours à l’éco-conception, programmes de médiation autour de la transition écologique.


L’écologie s’invite aussi sur scène, dans les galeries et sur les plateformes numériques. Les œuvres et initiatives culturelles interrogent désormais la relation des publics à la Terre, aux ressources naturelles, au vivant.


Les éco-festivals et leur impact sur les pratiques musicales


Les festivals de musique en France représentent à eux seuls un espace d’expérimentation crucial. Nombre d’entre eux se démarquent aujourd’hui par des actions écologiques audacieuses.


  • Éco-concerts : Adoption massive de dispositifs anti-gaspillage (gobelets réutilisables, alimentation locale, transports collectifs encouragés, réduction ou compensation du recours aux groupes électrogènes).

  • Programmation engagée : Dès leur sélection, certains artistes mettent en valeur des thématiques écologiques ou intègrent dans leur performance des dispositifs innovants (sons générés à partir d’énergie solaire, scénographies recyclées).

  • Économie circulaire sur site : Bourgeonnement d’initiatives autour du tri des déchets, des ateliers de réparation d’instruments ou costumes, du prêt et du don de matériel pour les scènes locales.

En 2024, des événements comme We Love Green à Paris, Cabaret Vert à Charleville-Mézières ou le festival Climax à Bordeaux servent de vitrines à ces pratiques pionnières. Leur réussite inspire de nombreux autres rendez-vous, bien au-delà du domaine musical.


Expositions, musées et galeries : l’émergence d’une écologie curatoriale


Du côté des arts visuels, les musées et galeries ne sont pas en reste. Depuis la pandémie, nombre d’institutions ont repensé leur mode de fonctionnement pour limiter transport d’œuvres, impression de catalogues ou constructions éphémères coûteuses en matériaux.


  • Expositions éco-conçues : Réutilisation et mutualisation des cimaises, limitation stricte des déplacements d’œuvres fragiles, recours à la scénographie modulable et à l’impression raisonnée sur matériaux biosourcés.

  • Partenariats locaux : Les expositions itinérantes s’organisent désormais entre musées de proximité, pour mutualiser les ressources et dynamiser la programmation hors des centres urbains majeurs.

  • Médiation sensibilisante : Programmation de visites guidées, d’ateliers nature, de rencontres autour des enjeux de biodiversité et de sobriété, impliquant artistes, scientifiques et publics.

Des institutions majeures, comme le MNHN (Muséum national d’Histoire naturelle), le Centre Pompidou-Metz ou le musée d’Art Moderne de Lille, mettent en avant l’écologie autant comme sujet d’exposition qu’à travers leur transformation logistique.


Le monde du livre s’éveille à la transition écologique


L’édition n’est pas toujours vue comme un secteur polluant, et pourtant l’impact du papier, des encres, du transport et des invendus reste significatif. En 2024, de plus en plus de maisons d’édition, de librairies et de salons du livre prennent le virage vert.


  • Papier recyclé et gestion durable : Un nombre croissant de livres sont imprimés sur papier labellisé FSC ou PEFC, avec des encres végétales.

  • Impression à la demande : Limitation des tirages initiaux, généralisation du POD qui évite la destruction de stocks invendus et la pollution induite.

  • Auteurs engagés : Des écrivains s’emparent eux-mêmes des thématiques écologiques, proposant essais, fictions ou albums pour enfants autour de la nature ou du changement climatique.

De grands salons du livre – comme ceux de Paris ou Angoulême – sensibilisent exposants et visiteurs à la réduction des déchets, s’associent à des collectes solidaires, et invitent à revaloriser les ouvrages non vendus.


Des scènes engagées : théâtre, danse et cinéma à l’heure verte


Dans le spectacle vivant, la mutation s’opère autant dans la création que dans la production. Nombre de compagnies s’organisent pour limiter les décors jetables, mutualiser les moyens de transport, recourir à des matériaux recyclés.


  • Décors éphémères mais recyclables : Constructions à partir de bois de récupération, mise en place de banques de costumes et accessoires à partager entre structures.

  • Mise en scène écologique : Créations dont le thème central ou la forme elle-même questionne la disparition du vivant, la résilience ou la transition des modes de vie.

  • Actions auprès du public : Ateliers, cafés-débats et soirées « zéro déchet » ouverts à tous, pour sensibiliser autrement qu’à travers un discours didactique.

Le cinéma s’y met aussi : nombre de tournages cherchent à réduire leur empreinte carbone, tandis que des festivals (notamment à Nantes, Deauville ou Marseille) intègrent dans leur sélection des films documentaires ou fictions sur l’écologie et agissent sur l’accueil et la logistique (restauration locale, badge numérique, déplacements doux).


Témoignages d’acteurs et de publics : motivations et défis


« Nous avons fait le choix cette année de limiter nos déplacements à des tournées régionales et d’inviter le public à venir en train : le bilan est positif, mais cela suppose de nouveaux partenariats et des publics plus mobiles. On ose de nouveaux formats ! »
– Claire, chargée de production théâtre itinérant


« J’ai découvert une exposition dont tout le décor avait été fabriqué à partir de déchets marins : c’était poignant et instructif à la fois. Cela m’a donné envie d’agir à mon échelle. »
– Mathis, 18 ans, visiteur d’une galerie à Montpellier


« L’enjeu principal reste la pression sur les coûts : recycler, mutualiser, faire local demande du temps et parfois, paradoxalement, coûte plus cher sur le court terme. Mais nous y tenons, c’est un choix politique et éthique. »
– Laureline, directrice d’un festival de musiques actuelles


Les leviers d’accélération pour l’écologie culturelle


Même si l’engagement écologique du secteur culturel progresse, de nombreux défis subsistent. Le mouvement bénéficie du soutien grandissant de l’État – via des appels à projets, des chartes environnementales, des financements spécifiques – mais la mobilisation repose d’abord sur l’initiative des acteurs locaux : collectifs d’artistes, réseaux de salles, libraires engagés, maisons de disque responsables.


La tendance est incontestable : publics et professionnels demandent, de plus en plus, de la cohérence entre la forme (organisation éco-responsable) et le fond (création engagée). L’enjeu pour demain ? Parvenir à impliquer l’ensemble des filières culturelles, notamment les plus petites structures parfois démunies face à l’ampleur des changements à opérer.


Conseils pratiques pour participer à l’écologie culturelle


  1. Privilégiez les événements locaux et les structures engagées, dont l’impact carbone est moindre et qui favorisent la découverte de talents proches de chez vous.

  2. Adoptez des gestes éco-citoyens lors de vos sorties culturelles : venez à pied, à vélo, en transports en commun, triez vos déchets et soyez attentifs à la provenance des produits consommés sur place.

  3. Interrogez les démarches écoresponsables des organisateurs ou artistes : le dialogue fait avancer les pratiques !

  4. Soutenez le réemploi et la création circulaire : ateliers de réparation d’instruments, achats de livres ou vinyles d’occasion, participation à des collectes de costumes ou de matériel scénographique.

En conclusion : la culture française, laboratoire d’écologies inventives


Loin de se limiter à une simple communication verte, le secteur culturel en France s’impose en 2024 comme un moteur d’éveil, d’expérimentation et de mobilisation autour des enjeux écologiques. Festivals, musées, galeries, scènes artistiques et filières éditoriales multiplient les actions concrètes, mais aussi les invitations à réfléchir autrement au monde de demain.


Engager la transformation environnementale par la culture, c’est apprendre à conjuguer plaisir, créativité et responsabilité. C’est se donner les moyens d’agir à toutes les échelles – du choix du papier d’un album à l’élaboration d’un festival zéro déchet – et de toucher tous les publics, du plus averti au simple curieux.


Pour suivre toute l’année les initiatives innovantes, les témoignages d’artistes, les évolutions des pratiques éco-responsables et les conseils actionnables pour un loisir engagé, rendez-vous sur slowvibes.com.

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